Moutons de tabaski : clients et vendeurs s'observent (monde_rural) - Soumis par gregoire le 26/01/04 à 8:41
Les clients ne se sont pas encore sacrifiés à la tradition pour acheter le mouton du sacrifice. Les vendeurs, venus d'horizon divers, égrènent leur chapelet, sous les huttes qui peuplent les différents points de vente, à l'attente des fidèles.
Des moutons parqués dans des enclos aménagés pour la circonstance, des huttes implantées comme les campements maures dans le désert, des fûts d'eau et des abreuvoirs côtoyant des huttes, tel est le visage qu'offre le rond-point liberté 6 et le terminus de Liberté 5. Ils viennent pour la plupart de Louga ou de Diourbel, zone par excellence d'élevage extensif. Avec la Tabaski, ces éleveurs comptent profiter de cette période pour écouler leurs moutons. Mais à côté de ces derniers, figurent aussi les Dakarois qui pratiquent un élevage urbain des petits ruminants. Terminus Liberté 5, du nom d'une des plus célèbres stations de bus de la capitale, est divisé en plusieurs aires, délimitées par des cordes et fils de toutes de sortes, pour éviter que les bêtes de propriétaires différents ne se confondent. Les quarante-cinq moutons d'Ousseynou se trouvent près de l'arrêt de bus, non loin de la route qui mène au jardin public Khalifa Ababacar Sy. Ousseynou a pris position dans cette partie stratégique pour intercepter le premier, les clients qui débarquent. Son choix a porté ces fruits puisque depuis le 15 Janvier, jour de son installation, il a vendu une dizaine de moutons. Il se targue d'avoir vendu un de ses moutons à 320. 000 Fcfa.
Cet opérateur privé, installé à la cité Hann Mariste, refuse qu'on lui dise que ses prix sont élevés. " J'ai importé ces moutons du Mali au moment où ils étaient loin d'être aussi gras ; je les ai entretenus, nourris, payé des médicaments pour les engraisser ; tout cela est un budget colossal. Alors vendre à 320.000 Fcfa un " baly-baly ", un pur-sang, c'est très raisonnable ", lance Ousseynou , le sourire aux lèvres. Son assistant pétrit le son dans une bassine où il jette quelques pincées de sel iodé. L'engraissement à feu continu de ces moutons fait partie du marketing. Les éleveurs ne lésinent pas sur les moyens pour que leurs bêtes maintiennent leurs poids, voire même en prennent davantage. Les monts de foin trônent au coeur des colonnades de moutons. Les charrettes débarquent les barils remplis d'eau destinés à l'abreuvage de ces ruminants. Le coût de l'entretien d'un mouton par jour à Dakar est de trois fois plus élevé en campagne. Dame Thioye, un habitant de Thiégane , un village de la région de Diourbel arrondissement de la communauté rurale de Kade, prévoit de dépenser au moins 120. 000 Fcfa d'ici la fin de la campagne pour la nourriture de ses 100 moutons et de sa délégation. Sous les tentes, les vieux se prélassent.
Les jeunes devisent. D'autres montent la garde. Les vendeurs, tête enturbannée, canne à la main ou sur les épaules, attendent désespérément les clients qui se font désirer. Ce n'est pas encore le grand rush vers ces points de vente. " Je suis ici depuis samedi dernier avec une centaine de moutons, mais je n'en ai pas encore vendu. J'espère, d'ici la Tabaski, en écouler une bonne partie", confie Aliou Ka, originaire de Gahèle, localité située dans la région de Louga, rencontré au Terminus de Liberté 5. Le village de N'gouma Guéweul de Louga qui a convoyé 300 moutons n'en a vendu que dix. Ibrahima Ndiaye, originaire du même village, indique que leurs moutons ont été soumis à un contrôle vétérinaire avant d'être mis sur le marché. Pendant ce moment, un couple promène leurs regards sur le troupeau. Le mari chuchote à sa femme avant de demander le prix au jeune homme qui tient un enclos attenant à celui de Ibrahima. " 150.000 francs " lui rétorque le vendeur sans hésiter. Le couple propose 120. 000 Fcfa au vendeur qui réplique " 130.000 francs, c'est le dernier prix ". Fin du marchandage, le couple continue son chemin, le vendeur s'engouffre sous sa tente.
Le Soleil (Dakar)
ACTUALITÉS
24 Janvier 2004
Publié sur le web le 26 Janvier 2004
By Idrissa Sané (stagiaire)
Source: http://fr.allafrica.com/stories/200401260076.html
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