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L' Arbre à Palabre « Désarmement en Afrique - Philippe Maughan, expert en DDR à la Banque mondiale : "Le blocage est plus politique que financier" »


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   Désarmement en Afrique - Philippe Maughan, expert en DDR à la Banque mondiale : "Le blocage est plus politique que financier"
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   Auteur  Sujet: Désarmement en Afrique - Philippe Maughan, expert en DDR à la Banque mondiale : "Le blocage est plus politique que financier"  (a été lu 184 fois)
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Désarmement en Afrique - Philippe Maughan, expert en DDR à la Banque mondiale : "Le blocage est plus politique que financier"
« Date d'envoi: 04.02.2004 à 22:50:42 »
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Le débat sur le désarmement en Afrique ne manque pas d'intérêt. Suite à notre dossier sur le «désarmement en Afrique : mythe ou réalité», un spécialiste en la matière et non des moindres a bien voulu nous faire partager son expérience.

Selon le docteur Philippe Maughan MD, Consultant en DDR à la Banque mondiale, à Washington DC, le désarmement des ex-combattants ne tombe pas ex-nihilo. «Selon notre expérience, un programme de DDR ne peut intervenir qu'une fois que les problèmes politiques sont résolus. Ceci est indépendant du DDR et est au gré des belligérants», souligne-t-il. Pour le Consultant auprès de la Banque mondiale, le DDR est un travail scientifique qui ne tolère aucune précipitation. «Comme nous l'ont démontré récemment les incidents autour du DDR au Liberia, un programme DDR doit être méticuleusement préparé. Ceci, bien sûr prend du temps. Il faut mettre en place des institutions nationales qui définiront et suivront les grandes lignes du programme DDR», dit-il. De l'expérience acquise dans l'élaboration des différents programmes de DDR, le docteur Philippe Maughan a tenu à ajouter que des unités de gestion de programme et des finances, après la préparation des dossiers et les programmes sur papier, doivent prendre en compte l'avis de toutes les parties prenantes dans le conflit. Parlant du noeud gordien du programme, l'expert préconise le respect des formalités pour amener les bailleurs de fonds à casser leur tirelire et débourser les fonds. Parce que, comme il le confesse, les bailleurs de fonds ont des bureaucraties lentes et pointilleuses. Le handicap du financement surmonté, il faut toujours, selon le Consultant en DDR, recruter et former du personnel pour la mise en train du processus.

En Sierra Leone, par exemple, ils sont au nombre de 300 personnes. Comme un maillon essentiel du système, il faut passer à la phase qui concerne la logistique qui va pouvoir gérer la transition de milliers d'hommes, de la vie de militaire à la vie civile (selon les cas), il y a la création de camps de démobilisation, le soin de santé, les tests de dépistage du SIDA, le profilage socio-économique et des cours de Droit civique, la distribution de kits de survie et de pécules pour assurer la transition. Ensuite, poursuit le Dr Philippe Maughan, une fois que l'ex-combattant a décidé de ranger son arme au ratelier, il faut, à travers des bureaux régionaux, assurer sa bonne réinsertion sociale (parfois, il y a un besoin de service de réconciliation) et surtout l'aider à trouver une formation ou directement une initiative qui puisse lui permettre de subvenir à ses besoins. Un défi énorme qui reste difficile à relever, avoue-t-il dans des pays brisés sur le plan économique par des années de guerre. Tenant compte de tous les acteurs de la guerre, l'expert précise qu'il faut assurer les besoins des enfants soldats, des femmes combattantes et des blessés de guerre, des veuves et des orphelins. Finalement, il faut s'assurer que les communautés civiles sinistrées par la guerre sont effectivement prises en charge et encadrées. «Car, s'occuper uniquement des ex-combattants est non seulement un non sens donc moralement indéfendable», indique-t-il. Selon lui, l'envergure et le coût d'un programme étant énormes, il est clair que les gouvernements et les bailleurs de fonds soient souvent indécis. Néanmoins, le processus de DDR, dans la région des Grands lacs est aujourd'hui sur les rails. Le Dr Philippe Manghan soutient que le processus est tenu à bout de bras par un partenariat particulier entre un regroupement de bailleurs de fonds et neuf pays de la sous-région notamment l'Angola, le Burundi, le Congo Brazzaville, la Namibie, la République Centrafricaine (RCA), la République Démocratique du Congo, le Rwanda, l'Ouganda et le Zimbabwe. Cette initiative baptisée MDRP (le Programme multi-pays de démobilisation et de réintégration) a déjà permis de piloter des programmes de DDR en Angola et au Rwanda. Elle est à pied d'oeuvre pour élaborer d'autres au Congo Brazzaville, en RDC, au Burundi et en Angola.

Pour encourager les ex-belligérants à déposer leurs armes, le MDRP est prêt à financer le programme DDR en RCA, dès qu'il sera rédigé et présenté avec la bénédiction du PNUD. Il est clair donc que les épines des programmes DDR, dans les Grands lacs sont plutôt d'ordre politique (locale) et de mise en place de structures de gestion appropriée. L'obstacle n'est pas financier. Selon le Dr Philippe Manghan MD, les fonds sont disponibles. Reste à présenter, sur le bureau des argentiers de Bretton Woods, des dossiers bien ficelés et solides. En Côte d'Ivoire, rassure le Consultant, la communauté internationale, notamment les Nations Unies, la CEDEAO, la France, la Banque Mondiale et l'Union Européenne et bien d'autres donateurs se sont engagés à soutenir le processus DDR. L'élaboration du programme a reçu le concours d'une expertise internationale et des fonds considérables sont attendus qui devraient pouvoir soutenir largement et couvrir les besoins du programme. Ce sont quelque 40 000 personnes et soldats issus des rangs des Forces Nouvelles et des FANCI et des civils qui sont visés par cette opération. Le désarmement n'est cependant pas encore entré dans sa phase active.

Le Patriote (Abidjan)
ACTUALITÉS
20 Janvier 2004
Publié sur le web le 20 Janvier 2004

By Bakayoko Youssouf
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